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France

David Blondeau, alias Le banquier Randonneur, nous parle de sa grande aventure entre le Sud du Portugal jusqu’en France. A pied, en solitaire, David parcours 5 000 km lors de son voyage.

 

Salut David Le Banquier Randonneur, quel type de voyageur es-tu ?

Salut Jean-Baptiste, et salut à toi lecteur !
Je suis ce type de voyageur qu’on appelle un randonneur. Le genre de gars qui prend un billet d’avion et qui reviens à pied chez lui ^^, essentiellement en solo (tu vas voir pourquoi à la prochaine question).

Après mes études, j’ai travaillé 7 ans dans le tertiaire, et je randonnais pour aller me ressourcer au contact de la nature. Puis j’ai décidé de changer de vie, et aujourd’hui je suis Coach en Randonnée, j’accompagne mes clients de tout niveaux dans la préparation de leur rando, la sélection de leur matériel, l’acquisition des compétences élémentaires et leur préparation physique.

Comme beaucoup d’entre vous, le voyage est un moyen pour moi de me sentir vraiment vivant, et pour aller jusqu’au bout de l’expérience, je randonne en autonomie complète (eau, nourriture, couchage, électricité d’où le panneau solaire…)

As-tu un voyage, une bribe de voyage, que tu voudrais nous partager en particulier ?

Oui, FrancIbéria c’est… 5 000 km à pied, 6 mois de marche, 3 pays à traverser, 1 randonneur en solitaire en autonomie complète. C’est l’expédition que j’ai faite en 2017, suite à ma démission, pour « prendre l’air ».

Parti à Faro (au sud du Portugal) en avion, je reviens à pied jusqu’à Paris ! Ca fait du 28km par jour en moyenne, dont 32km par jour marché, soit 6 000 000 de pas à travers l’Europe de l’ouest. « France – Ibéria », c’est la traversée de la France et de la péninsule Ibérique, l’Espagne et le Portugal.

L’itinéraire n’est pas balisé tout le long, c’est aussi ça qui le rend intéressant, et en gros j’ai longé toute les côtes Portugaises, puis toute la côte Atlantique Espagnole, traversé toutes les Pyrénées (dans le sens de la longueur !), puis le sprint final : remonter la France jusqu’à Paris. Objectif dans le viseur : Notre Dame de Paris. Au passage, tant qu’à faire, je m’offre de petits détours pour répondre aux appels qui m’attirent. Le spirituel pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, et le mythique GR10 : la grande traversée des Pyrénées. Avec quelques ascension de 3000 mètres au passage.

Les 3 mois de ma vie juste d’avant le départ son très intenses. Rien que pour ça, c’est une bonne idée de partir ! Comme le disait Stevenson,  « Ce n’est pas la destination qui compte, mais le chemin ». J’aime me mettre en mouvement, c’est là que j’ai l’impression de me sentir vivant. D’ailleurs, en parlant de vivant, je prépare mon expédition Francibéria comme si j’allais y mourir. Je met tout en ordre dans ma vie, je dis ce que je n’ai jamais osé dire aux intéressés, tout est karmiquement clean. Maintenant je peux partir !

Et l’équipement dans tout ça ? Un mot d’ordre : léger. C’est le seul mot qui doit être dans la tête du randonneur qui prépare son sac ! Je vais bientôt faire un article et une vidéo sur ma chaîne YouTube pour présenter mon équipement qui m’a permis de vivre 6 mois en autonomie. Seulement 30 objets, pas plus ! Ici, je vais juste préciser que j’ai une team logistique avec qui j’échangerai par colis : duvet été/hiver/nouvelles chaussures.

Lors de cette extraordinaire expérience, j’ai fait corps avec la Nature et ses merveilles. Et entre autre, j’ai pu longer les falaises et dunes sauvages Portugaises de l’Algarve, traverser des rivières, des Montagnes comme les Asturies, les Pyrénées, le Massif Central, traverser des forêts préservées comme le Morvan…

 

Quelles conditions as-tu eu lors de ce voyage ?

L’avantage d’une rando de 6 mois, c’est que tu es sur d’avoir tout les temps . Pour optimiser la climatologie, je suis parti du Sud pour remonter vers le Nord. De cette façon, en avril je ne me suis pas payé les gelées quotidiennes à -4°C en Bourgogne, mais du 30-35°C en Algarve. De même, je n’ai pas eu les énormes incendies de forêt et la canicule exceptionnelle en Ibérie (42°C pendant 15 jours en Espagne, des Pèlerins partis pour le Saint Jacques de Compostelle en sont malheureusement mort…).

Les conditions météo ont été parfaites :

  • Avril-mai pour traverser le Portugal, déjà très chaud
  • Juin pour traverser l’Espagne sur le Camino del Norte, sur la façade atlantique nord, qui est littéralement le Paradis du Randonneur : entre 18 et 26°C en permanence
  • Juillet-Août pour la grande traversée des Pyrénées, soit les 2 seuls mois confortables pour faire de la haute montagne
  • Septembre pour la traversée de la France, sous l’été indien : )

Evidemment, j’ai été quand même quelques fois brûlé par le Soleil Portugais, trempé par la pluie et le vent, j’ai eu un peu frais en short à 3000m d’altitude face au glacier du Vignemale…

Tu penses que tu étais bien équipé ?

Parfaitement ! A nouveau, les 30 pièces de matériel que j’avais prises étaient suffisantes pour m’apporter le confort dont j’ai besoin. Je précise quand même que je suis un peu spartiate.

Quelques conseils pour bien choisir son matériel :

  • Choisis tes chaussures avec soin, et fais-les à ton pied avant de partir pour éviter les ampoules. LA chaussure du randonneur c’est la Renegade de chez Lowa. Pour te dire je n’ai eu qu’une seule ampoule en 5000km…
  • En randonnée : voyages léger ! Le confort est dû essentiellement au poids de ton sac à dos. Plus il est léger, mieux tu te portes. De plus, plus il est léger, plus tu marches vite, moins tu portes lourd de nourriture et plus… il est léger ! C’est un cercle vertueux.
  • Face à la pluie, ma stratégie préférée est le poncho qui t’englobes toi et tout ton sac à dos + des guêtres sur les chaussures + mets-toi en short. Oui, tu as bien lu ! En short ! Pourquoi je te dis ça ? Si tu mets un pantalon, il va finir par s’imprégner d’eau. Celle-ci va remonter par capillarité vers ton sexe (ouh lala c’est froid !) puis vers ton centre vital cœur-poumon, et là : attention à l’hypothermie !
  • Tente ou hamac ? Et oui, la question se pose ! Nous privilégions la tente mais le hamac est aussi un super moyen de couchage. Le gros avantage c’est que tu peux le tendre partout, y compris en pente et sur terrain difficile. L’inconvénient, c’est qu’il faut des arbres…

Mon matériel préféré :

Tente Tente
Modèle Aravis 1 une place de chez Coleman
Détail de l'article
Guêtres Guêtres
Des guêtres de randonnée Forclaz 50 de chez Décathlon
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Sac à dos Sac à dos
Le sac Forclaz 50 litres (pas plus) avec ouverture ventrale qui simplifie la vie
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Poncho Poncho
Un poncho ou cape de pluie classique
Détail de l'article
Hamac Hamac
Un hamac de Ticket to the Moon ( 1 place, 2 places ou taille Mamouth ^^)
Détail de l'article
Chaussures Chaussures
Les chaussures Renegade de chez Lowa
Détail de l'article

Merci David, dis-nous où est-ce qu’on peut suivre tes voyages ?

Merci de ton invitation JB ! Pour me suivre, rendez-vous sur mon Blog où tu trouveras mes articles, mon coaching personnalisé et très bientôt mes formations vidéos de préparation au GR10, GR20, au Saint-Jacques de Compostelle, Mont-Blanc…

Rendez-vous également sur :

Merci pour ces conseils, quelle sera ta prochaine destination ?

Avec plaisir !

Prochaines destinations en 2018 : Ascension du Mont-Blanc, Tour du Mont Blanc, GR 5 (traversée des Alpes), GR20 (traversée de la Corse), HRP (Haute Route Pyréenne, perchée à 2-3000 mètres) et la traversée des Highlands !

C’est déjà pas mal, ça va faire quelques kilomètres et du dénivelé positif … Allez, à très bientôt et n’oublies pas que la Vie, est une Grande Randonnée !

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Oui c’est une île, et vous pouvez en faire le tour en quelques heures de voiture, mais il y a sur cette île assez de choses à voir pour y rester une année entière sans se lasser. Le volcan, le Piton de la Fournaise est un des point phare de l’île.

Importance géographique

Les cirques (Salazie, Mafate et Cilaos) et remparts sont des caractéristiques uniques de l’île mais la principale est sans doute le volcan. Il représente 40% de l’île et se situe au Sud-Est. C’est un volcan qui est actif, sans doute parmi les plus actifs de la planète avec environ une éruption tous les 9 mois. La dernière éruption en date, le 14 Juillet 2017 à 00:50, les photos de l’éruption sont incroyables, j’aurais vraiment voulu être présent, je pense que cela aurait été le feu d’artifice rêvé pour un jour de fête nationale. Retrouvez toutes les informations et les photos sur le site du piton.

Il culmine à 2 632 mètres d’altitude mais son accès est plutôt aisé donc beaucoup de touristes viennent s’y frotter. Vous trouverez énormément d’informations sur la randonnée sur internet, celle-ci est plutôt claire je vous la recommande.

En arrivant sur le volcan

Avant même d’arriver au point de départ de la randonnée, vous aurez l’occasion d’en prendre déjà plein les yeux, la route que vous emprunterez est assez incroyable, rien à voir avec les routes d’Ecosse ou celles de Norvège entre les Fjords que j’avais déjà parcourues. Vous devez préalablement vous rendre à Bourg-Murat, une ville en plein coeur de l’île située dans la Plaine des Cafres. Soit vous arrivez du Sud de l’île via la commune du Tampon, soit vous arrivez du Nord depuis la commune de la Plaine des Palmistes vous devrez de toute façon emprunter la seule route qui traverse l’île du Nord au Sud.

Une fois que vous êtes à Bourg-Murat vous trouverez toutes les indications nécessaires pour suivre la Route du volcan. Vous montez d’abord dans une vallée assez boisée en empruntant une série de lacets, vous remarquerez rapidement que vous prenez pas mal d’altitude, il existe de nombreux points de vue sur cette route et même quelques randonnées assez courtes, si vous avez le temps n’hésitez pas à vous arrêter. J’ai pour ma part eu l’occasion de faire la randonnée du Piton Nez-de-boeuf qui vous prend environ 1h30 durant laquelle vous traversez une forêt, presque une jungle la végétation étant très dense. Je n’ai pas eu de chance lors de cette randonnée et je me suis retrouvé dans un brouillard assez épais et sous la pluie cela me rappelait l’ambiance fantomatique sur le mont Koya au Japon. Après cette petite randonnée, j’ai continué la route et je me suis arrêté au bord d’une impressionnante falaise me faisant découvrir une série de pics qui se recouvraient petit à petit de nuages venant de la vallée.

Une fois que vous sortez de cette forêt, vous arrivez en face de la Plaine des Sables, ici vous changez totalement d’univers, vous passez littéralement d’un monde végétal à un monde minéral, le changement est abrupt tout comme la série de lacets vous faisant descendre dans la plaine. L’origine géologique de cette plaine est encore sujette à discussion, mais il semblerait que la piste des effondrements à répétition soit privilégiée. En suivant la route quasi-droite qui traverse la plaine des sables, vous vous dirigez vers l’Enclos Fouqué qui sonne le début de la randonnée, ou bien vous pouvez vous arrêter au gîte du volcan.

Cette dernière solution est celle que je recommande. Cela vous permettra de débuter la randonnée très tôt (3 ou 4 heures du matin) à la lampe frontale et d’arriver en haut du volcan avec un soleil encore rasant, généralement privé à cette heure-ci de brouillard.

L’ascension du Piton de la Fournaise

En partant du parking ou en sortant du gîte du volcan vous vous dirigez à un premier point : le Pas de Bellecombe, qui offre une vue panoramique sur le volcan et son enclos. Car effectivement le volcan se trouve au centre d’un immense enclos d’une dizaine de kilomètres de large et de long. La bonne nouvelle c’est que cet enclos est dû à un effondrement, donc vous débutez en haut de l’enclos ^^. La deuxième étape de cette randonnée est donc naturellement de descendre dans l’enclos en empruntant les escaliers en lacet.

Une fois en bas vous êtes sur de la lave durcie et il ne vous reste plus qu’à suivre les traces de peinture blanche qui vous indiquent le chemin pour accéder en haut du volcan. En cas de brouillard ces traces deviennent vraiment utiles.

Avant d’arriver sur les pentes du volcan, vous passez sur une grande étendue qui semble plate depuis le Pas de Bellecombe, mais nécessitant des fois de grimper quelques blocs de lave. Vous passerez devant le Formica Leo, un petite (comparée au volcan) formation volcanique composée de petits scories et à la couleur plus brune que la lave alentour. La pente ne commence que lorsque vous arrivez à la Chapelle Rosemond, une cavité dans un monticule de lave.

Comptez environ 5 heures aller-retour pour une distance d’environ 10km. Cette randonnée n’est pas d’une extrême difficulté, à vrai dire le plus dur est sans doute de remonter en haut de l’enclos, et comptez seulement 20 min pour cela. Cependant, randonner dans les scories de différentes tailles, nécessite un petit équipement, ne vous aventurez pas sur les pentes du volcan sans de bonnes chaussures, une lampe frontale si vous partez de nuit et quelques vêtements chauds sont nécessaires au plus tôt de la journée, voici ce que je recommande :

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