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Japon

Le Jōmon Sugi est le plus vieux cèdre du Japon, on lui donne entre 2 100 et 7 200 ans ! La fourchette est large et est dû à des hypothèses scientifiques différentes. Quoiqu’il en soit, même à 2 100 ans ça reste un arbre étonnant. Il se trouve sur l’île de Yakushima, au large de l’île principale.

Pourquoi aller sur l’île de Yakushima ?

Il faut savoir que l’île est prisée des vacanciers japonais cependant très peu de voyageurs étrangers s’y rendent. Les voyageurs que j’ai rencontré étaient tous des voyageurs en solo. Deux motivations sont généralement évoquées pour venir sur l’île:

  • Voir le Jōmon Sugi, le plus vieil arbre du Japon. En japonais les Sugi désignent les cèdres Japonais qui sont, d’après mon expertise de la flore… (donc nulle), des conifères mais la seule espèce de Cryptoméria.
    Le fait que l’île est la source d’inspiration principale des décors, du film d’animation Princesse Mononoké.
  • J’ai décidé de me rendre sur l’île dès que j’ai vu l’aspect « reculé » de l’endroit tout en y trouvant des points d’interêts comme des possibilités de randonnée multiples, un climat spécifique au reste du Japon ainsi qu’une atmosphère qui promettait d’être unique… et c’est vrai que l’ambiance de Princesse Mononoké n’était pas pour me déplaire 🙂

J’ai passé quelques jours sur l’île. Je suis arrivé par un ferry rapide du port de Kagoshima jusqu’à la plus grosse ville de l’île : Miyanoura. Une auberge de jeunesse abordable, avec vue sur l’océan se trouve à l’Est de la ville, à quelques minutes à pied du port. Mon plan était simple, faire le tour de l’île, trouver un onsen pour tester ces bains typiques japonais, faire une randonnée dans le coeur de l’île pour voir le plus vieux cèdre du Japon, puis m’accorder un jour de repos.

 

Yakushima qu’est-ce que c’est ?

L’île est d’une superficie de 500km², elle fait partie de la préfecture de Yakushima, elle est globalement ronde. Les principales zones d’habitation se trouvent sur la côte tout autour de l’île, on compte 16 000 habitants. Yakushima fait partie du Patrimoine mondial de l’UNESCO pour être “située à l’interface des régions biologiques paléarctique et orientale et possède une flore très riche (1 900 espèces et sous-espèces), qui comprend de très anciens spécimens de sugi”.

L’île offre de nombreuses possibilités de randonnées, le centre de l’île est en fait une forêt très montagneuse avec des pics allant jusqu’à 2 000m. Je comparerais cette île à la Réunion, en beaucoup plus petit et beaucoup moins ensoleillée, mais qui présente un peu la même typologie de terrain. La Réunion abrite d’ailleurs quelques spécimens de Cèdre du Japon.

Si vous compter randonner sur l’île, préparez vous un minimum, malgré des sentiers entretenus rendant la marche accessible, plusieurs éléments sont à prendre en compte :

  • Le début des sentiers se trouvent généralement en plein centre de l’île. Des services de Bus vous y emmèneront, cependant le départ est à 6h du matin et seulement 2 retours dans la journée sont prévus.
  • Un dicton dit qu’il pleut 35 jours par mois, c’est pas forcément vrai ou alors j’ai eu beaucoup de chance. Cependant certains segments de la randonnée, passant sur des troncs couverts de mousse, sinuants dans des pierriers peuvent être très glissants. Compter sur des averses tous les jours, prenez des vêtements de pluie.
  • L’eau de la montagne est soit disant potable, certains randonneurs font donc l’économie d’une gourde pour cette randonnée, personnellement je n’ai pas tenté le diable. Mais au final il y avait effectivement des cours d’eau partout.

Je vous conseille cet équipement pour être à l’aise pendant vos balades à Yakushima :

Gourde Salomon Gourde Salomon
Cette gourde flexible est pratique si vous comptez faire le plein en route comme c'est possible ici à Yakushima. Partez donc la gourde vide, plus de place et moins de poids dans votre sac !
Détail de l'article
Poncho impermeable Anyoo Poncho impermeable Anyoo
Gardez le dans un coin de votre sac, il vous sera utile en cas d'averse sur l'île de Yakushima.
Détail de l'article
Salomon Evasion 20 Rucksack Mixte Salomon Evasion 20 Rucksack Mixte
Un sac pratique pour des randonnées d'une journée. Le poncho pourra le couvrir en cas de pluie, mais il est perlant.
Détail de l'article

La randonnée au Jōmon Sugi

Levé à l’aube, j’ai pris le service de Bus à Miyanoura qui emmène les randonneurs au centre de l’île, départ de plusieurs sentiers. Cette randonnée commençait sous une petite pluie fine, mais rien de trop important, il faut compter 5 à 6 heures de marche pour compléter la boucle proposée.

Il existe des cartes de la randonnée en anglais au port de Miyanoura, je vous les conseille pour ne pas tomber sur des intersections incompréhensibles :

Le sentier suis pour une bonne partie du temps une vieille voie de chemin de fer, vous passerez quelques ponts suspendus au dessus de rivières.

La forêt est effectivement chargée d’une ambiance particulière. La canopée assombrit le paysage. L’air frais du matin, chauffée par le soleil, fait remonter des vapeurs du sol. Des rayons de lumière percent à quelques endroits et illuminent de gigantesques souches d’arbres couvertes de mousses. Aucunes tailles d’arbre n’a été faite, les branches poussent sinueusement en cherchant un peu de lumière, Beaucoup d’arbres sont creux ce qui créer des cachettes sombres, on imagine que des animaux peuvent en sortir à tout instant. L’eau est partout, des rigoles se frayent un passage entre les pierres et des ruisseaux s’élancent en cascades des rochers.

La faune semble absente mais est bien présente, j’ai croisé des cerfs Sika et des macaques japonais dans la forêt, ils ne sont absolument pas farouches mais gardent leur distances. J’ai appris qu’il faut faire attention aux groupes de macaques, qui peuvent être agressifs, pour protéger les femelles et leurs petits. Ce qui est indiqué est d’éviter de se retrouver encerclé lorsqu’un groupe de macaque se déplace, personnellement je n’ai vu des macaques que de loin s’épouillant sur un rocher.

Après 3 heures de randonnée je suis arrivé au Jomon Sugi… oui, c’est un très gros arbre, mais personnellement n’étant pas un expert de la flore, je ne lui ai pas trouvé une particularité grandiose. Il faut s’imaginer qu’il a dû  en voir des choses cet arbre du haut de ses 7 200 ans (ou 2 100ans) !

En prenant une bifurcation environ 1km avant l’arrivée au Jomon Sugi, vous pouvez réaliser une boucle un peu plus longue, c’est ce que j’ai fait, mais la plupart des randonneurs se contentent de revenir sur leur pas. En prenant ce chemin j’ai pu me retrouver dans un lit de rivière composé d’énormes rochers ronds. Des bassins naturels au creux des rochers sont accessibles. L’eau était fraîche mais je n’ai pu m’empêcher de m’y baigner, en fin de randonnée c’est toujours sympa.

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Lors de mon périple au Japon j’ai eu la chance de me retrouver dans un endroit encore peu connu du Japon, un lieu sacré, le mont Kōya.

Depuis la ville d’Osaka, vous prenez un train régional vers le mont Koya, c’est le terminus, ensuite vous empruntez un funiculaire pour accéder au plateau d’une montagne couverte d’une multitude de temples bouddhistes (110 encore actifs). La ville de Koyasan compte 7000 habitants dont la moitié sont des moines et le reste se compose de leurs familles.

L’histoire raconte que cet emplacement fut choisi par le bonze Kūkai (空海), plus connu sous le nom de Kôbô Daishi, qui aurait, lors d’un pèlerinage en Chine, lancé un Varja (un instrument rituel hindouiste) en direction du Japon. A son retour, il aurait retrouvé le Varja sur le mont Kōya où il installa le pavillon dans lequel il résida : le Miédo.

Le cimetière aux 200 000 pierres

L’ambiance sur ce plateau montagneux, entouré de huits pics, est totalement mystique. Les cèdres du Japon centenaires entourent de nombreux temples répartis sur le mont. La première chose que j’ai fait en arrivée au Koyasan fut la visite du cimetière Okuno-in qui compte près de 200 000 pierres tombales de différentes personnalités, il est au coeur d’une forêt et pour peu que vous le visitiez lorsqu’il fait un peu de brouillard vous jurerez voir des fantômes. Les pierres sont la plupart couvertes de mousses et vous déambulez sur des routes pavées, défoncées par les racines des arbres, c’est réellement impressionnant.

Au milieu de ce cimetière se trouve le Gobyo, le mausolée de Kūkai, qui selon la légende n’est pas mort mais est en pleine méditation. Il est dit que Kūkai se réveillera lors de l’arrivée du prochain bouddha. Les moines les plus importants des temples du mont Koya viennent donc chaque jour, déposer devant la tombe de Kūkai, de la nourriture et des vêtements.

Quelques nuits dans un temple

Une des expérience les plus fortes de mon séjour au Japon fut les quelques nuits  passées dans un temple bouddhiste sur le mont Koya. Aujourd’hui beaucoup de temples proposent aux touristes d’être hébergé, même si le prix n’est pas forcément toujours abordable, c’est une expérience unique que je recommande. Si vous êtes adeptes des expériences en dehors des sentiers battus, cela va vous plaire. Si vous en avez l’envie, vous pourrez participer aux activités des moines le jour et même assister aux prières matinales. Les moines se réveillent à l’aube et pendant 2 heures d’affilé chantent et prient dans l’enceinte du temple dans un nuage de fumée d’encens.

Je n’ai trouvé que peu de moines parlant un peu d’anglais, mais le moine le plus important du temple a pu échanger avec moi quelques instants. J’étais impressionné par leur accessibilité, leur curiosité quant au motif de ma présence et leur humour après deux heures de prières dans une ambiance religieuse.

  • N’êtes vous pas fatigué de vous être levé si tôt pour assister à nos prières ?
  • Un peu mais c’était très intéressant, par contre ce n’est pas moi qui ai chanté pendant deux heures, est-ce que vous êtes fatigué ?
  • Olalala imaginez que nous faisons ça tous les jours !

Lors de ce séjour vous êtes logé dans une chambre du temple, vous dormez sur un futon traditionnel posé sur un tapis de bambou tissé. On vous donne un Yukata, une sorte de peignoir typique japonais avec des manches très amples vous donnant l’air d’un samouraï .

Le must du must est qu’en soirée vous entendez soudain des pas vers votre chambre, le parquet qui craque, vous découvrez une ombre passant devant les murs en papier de riz (les Shōji). Cette ombre s’accroupit devant votre porte frappe deux coups, fait glisser la porte, se relève, entre dans la chambre, s’accroupit à nouveau et referme la porte derrière elle. C’est en fait un moine qui vous apporte votre dîner… Etant dans un temple bouddhiste les repas sont végétariens et composés d’une multitude de petits mets. Je n’ai aucune idée de ce que j’ai pu manger, à part le tofu et les algues que j’ai pu reconnaître, le reste était une surprise totale mais un vrai délice.

Mon séjour en Avril

Je suis parti en fin Avril au Japon, les températures sont selon moi, les plus adaptées pour un voyage de ce type. Connaissant l’Ecosse et de la Norvège à la même époque, j’ai connu des températures vraiment plus basses et mon équipement était totalement différent. A cette saison vous éviterez l’affluence des touristes, vous ne souffrirez pas d’extrêmes chaleurs et les matinées seront juste assez fraîches pour vous lancer dans des randonnées durant lesquelles vous vous réchaufferez naturellement. Sur l’île principale du Japon, entre Tokyo, Kyoto et Osaka à cette époque vous pourrez compter sur des températures entre 10 et 25C°. Vous pouvez bien entendu avoir quelques pluies mais réellement pas très longues.

Voici ce que je recommande comme équipement pour les personnes désirant découvrir le Japon à cette même période et appréciant une bonne marche d’environ quinze kilomètres par jour:

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