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Koyasan

Lors de mon périple au Japon j’ai eu la chance de me retrouver dans un endroit encore peu connu du Japon, un lieu sacré, le mont Kōya.

Depuis la ville d’Osaka, vous prenez un train régional vers le mont Koya, c’est le terminus, ensuite vous empruntez un funiculaire pour accéder au plateau d’une montagne couverte d’une multitude de temples bouddhistes (110 encore actifs). La ville de Koyasan compte 7000 habitants dont la moitié sont des moines et le reste se compose de leurs familles.

L’histoire raconte que cet emplacement fut choisi par le bonze Kūkai (空海), plus connu sous le nom de Kôbô Daishi, qui aurait, lors d’un pèlerinage en Chine, lancé un Varja (un instrument rituel hindouiste) en direction du Japon. A son retour, il aurait retrouvé le Varja sur le mont Kōya où il installa le pavillon dans lequel il résida : le Miédo.

Le cimetière aux 200 000 pierres

L’ambiance sur ce plateau montagneux, entouré de huits pics, est totalement mystique. Les cèdres du Japon centenaires entourent de nombreux temples répartis sur le mont. La première chose que j’ai fait en arrivée au Koyasan fut la visite du cimetière Okuno-in qui compte près de 200 000 pierres tombales de différentes personnalités, il est au coeur d’une forêt et pour peu que vous le visitiez lorsqu’il fait un peu de brouillard vous jurerez voir des fantômes. Les pierres sont la plupart couvertes de mousses et vous déambulez sur des routes pavées, défoncées par les racines des arbres, c’est réellement impressionnant.

Au milieu de ce cimetière se trouve le Gobyo, le mausolée de Kūkai, qui selon la légende n’est pas mort mais est en pleine méditation. Il est dit que Kūkai se réveillera lors de l’arrivée du prochain bouddha. Les moines les plus importants des temples du mont Koya viennent donc chaque jour, déposer devant la tombe de Kūkai, de la nourriture et des vêtements.

Quelques nuits dans un temple

Une des expérience les plus fortes de mon séjour au Japon fut les quelques nuits  passées dans un temple bouddhiste sur le mont Koya. Aujourd’hui beaucoup de temples proposent aux touristes d’être hébergé, même si le prix n’est pas forcément toujours abordable, c’est une expérience unique que je recommande. Si vous êtes adeptes des expériences en dehors des sentiers battus, cela va vous plaire. Si vous en avez l’envie, vous pourrez participer aux activités des moines le jour et même assister aux prières matinales. Les moines se réveillent à l’aube et pendant 2 heures d’affilé chantent et prient dans l’enceinte du temple dans un nuage de fumée d’encens.

Je n’ai trouvé que peu de moines parlant un peu d’anglais, mais le moine le plus important du temple a pu échanger avec moi quelques instants. J’étais impressionné par leur accessibilité, leur curiosité quant au motif de ma présence et leur humour après deux heures de prières dans une ambiance religieuse.

  • N’êtes vous pas fatigué de vous être levé si tôt pour assister à nos prières ?
  • Un peu mais c’était très intéressant, par contre ce n’est pas moi qui ai chanté pendant deux heures, est-ce que vous êtes fatigué ?
  • Olalala imaginez que nous faisons ça tous les jours !

Lors de ce séjour vous êtes logé dans une chambre du temple, vous dormez sur un futon traditionnel posé sur un tapis de bambou tissé. On vous donne un Yukata, une sorte de peignoir typique japonais avec des manches très amples vous donnant l’air d’un samouraï .

Le must du must est qu’en soirée vous entendez soudain des pas vers votre chambre, le parquet qui craque, vous découvrez une ombre passant devant les murs en papier de riz (les Shōji). Cette ombre s’accroupit devant votre porte frappe deux coups, fait glisser la porte, se relève, entre dans la chambre, s’accroupit à nouveau et referme la porte derrière elle. C’est en fait un moine qui vous apporte votre dîner… Etant dans un temple bouddhiste les repas sont végétariens et composés d’une multitude de petits mets. Je n’ai aucune idée de ce que j’ai pu manger, à part le tofu et les algues que j’ai pu reconnaître, le reste était une surprise totale mais un vrai délice.

Mon séjour en Avril

Je suis parti en fin Avril au Japon, les températures sont selon moi, les plus adaptées pour un voyage de ce type. Connaissant l’Ecosse et de la Norvège à la même époque, j’ai connu des températures vraiment plus basses et mon équipement était totalement différent. A cette saison vous éviterez l’affluence des touristes, vous ne souffrirez pas d’extrêmes chaleurs et les matinées seront juste assez fraîches pour vous lancer dans des randonnées durant lesquelles vous vous réchaufferez naturellement. Sur l’île principale du Japon, entre Tokyo, Kyoto et Osaka à cette époque vous pourrez compter sur des températures entre 10 et 25C°. Vous pouvez bien entendu avoir quelques pluies mais réellement pas très longues.

Voici ce que je recommande comme équipement pour les personnes désirant découvrir le Japon à cette même période et appréciant une bonne marche d’environ quinze kilomètres par jour:

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